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 somebody to die for. (sam)

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MessageSujet: somebody to die for. (sam)    Sam 19 Nov - 12:47


" I DON'T WANT TO CLOSE MY EYES. "
" WHY ? "
" I'M AFRAID THAT WHEN I OPEN THEM YOU WON'T BE HERE."
" IT'S OKAY. CLOSE YOUR EYES, ACE.  "

- . ACE & SAM, FEW MONTH AGO . -


✮✮✮

ELLE EST VIVANTE.
C'ETAIT IL Y A TROIS SEMAINES ET...
ELLE ETAIT VIVANTE, ACE.
ELLE SE TENAIT, COMME TOI TU TE TIENS DEVANT MOI.


Inspirer, expirer.
Allongé de tout son long, les paupières closes, les mains abîmées posées contre son ventre, Ace écoute son cœur tambouriner d’une grande intensité dans sa poitrine. L’air est humide, des gouttes d’eau s’abattent contre sa peau, se heurtent contre sa barbe, se mêlent à ses cheveux ébouriffés. Il n’a pas encore le physique que l’on attend de lui, en apparence il n’appartient pas encore à Fallon. Tout autour du vagabond, le silence essaie d’imposer son règne et c’est toute une forêt qui tente de s’éteindre avec lui. Inspirer, expirer. Au rythme des secondes, le cœur d’Ace se serre davantage, l’oxygène dans ses poumons ne semble pas suivre son chemin habituel. La mécanique devient bancale, la mécanique semble abîmée. Depuis bien trop longtemps, son coeur lui donne la sensation qu'il bat au rythme des minutes plutôt qu'à celui des secondes et autour de lui, c'est le temps dans son ensemble qui s'est tout simplement arrêté de défiler. Le vagabond n’est plus habitué. Éteint. Il n’y a plus d’éclat, d’étincelle, qui s’animent dans le bleu de ses iris, plus de lumière qui éclaire les ténèbres qui se sont emparés de lui. Ces dernières semaines ont été les plus compliquées dans cette nouvelle vie qu’il s’efforce en vain d’accepter. Ace se confond parmi les rôdeurs qu’il croise, il ère à travers les forêts, à travers les sentiers, sans réellement trouver un chemin, une main tendue capable de l'aider à retrouver ce qu'il a perdu. Ace cherche un chemin, pour ne pas tomber, il recherche quelqu’un, pour ne pas sombrer. Trouver une raison de vivre dans cet enfer. La solitude s'est emparée de lui en le consumant à petit feu, jour après jour, telle une feuille de papier. Une feuille que l’on aurait volontairement froissée et tentée de jeter aux oubliettes. Ace il aimerait pouvoir faire taire ses pensées, il a l’impression que ses hallucinations se mettent de nouveau à le tourmenter et par-dessus-tout, il est effrayé à la simple idée que les mots de Ripley n’aient jamais été prononcés. Est-ce une nouvelle illusion ? Est-ce qu’on se joue à nouveau de lui ? Ace s’est mis à courir si vite, si loin. Il s’est mis à courir comme si sa vie en dépendait, en défiant le vent, en bravant les éléments, en tentant d’échapper à une réalité. Une réalité qu’il rejette d’avance, parce que ces derniers temps, il s’est habitué à ce que tout s’écroule autour de lui. Le vagabond s’est mis à courir pour pouvoir ressentir quelque chose, comme un sentiment qui le surprendrait ou encore une douleur qui le réveillerait. Courir jusqu’à ce que ce petit organe qui s’agite dans sa poitrine l’ordonne de lâcher prise, jusqu’à ce qu’il l’ordonne de s’arrêter. C’est ainsi qu’il est tombé lâchement à genoux, c’est ainsi qu’après plusieurs dizaines de minutes à tenter de trouver un but à tout ça, il s’est littéralement écroulé face à la difficulté. Il s’est effondré face à l’impossible. Devant l’espoir de la retrouver un jour. Inspirer, respirer.


Soudainement, Ace se met à sursauter. On l’extirpe violemment de ses pensées, le cœur du vagabond fait un bond violent. Il attrape instinctivement sa lance, comme un réflexe, et transperce le rôdeur qui a trébuché juste au-dessus de lui. Quelqu’un transperce sa tête à l’aide d’une flèche et des gouttes de sang éclaboussent sur son visage. Inspirer, expirer. « Ace, qu’est-ce que tu fous sérieux ? » s’exclame Miles, un mec de son camp. Ensemble ils sont partis en mission nocturne en direction de Fernley, ils ont été désignés d’office par le conseil pour accomplir au mieux cette tâche. C’est la première fois qu’Ace participe à ce genre d’échange avec ce groupe, il paraîtrait qu’ils n’ont pas du tout le même mode de fonctionnement. Qu’à Fernley tout est différent. « Ça fait une heure que je te cherche ! On doit y aller, ce n’est pas le moment de faire la sieste mec. Cet échange me fait autant chier qu'à toi. » Qu’est-ce qu’il pouvait être chiant. « Et de-rien, sans moi tu serais mort. » Miles c’est le mec typique qui a besoin constamment de reconnaissance, il aime qu’on lui lèche les bottes et surtout, c’est également l’un de ses passe-temps favoris. Il compte bien marquer l’histoire de Fallon et surtout se racheter une conduite. Ace il n’en avait que faire de toutes ses manières, tout ce qu’il voulait c’est qu’on lui fiche la paix. « Je m’en serais très bien sorti sans ton aide. » s’exprime-t-il froidement. « J’ai failli frôler la vie, merci d’avoir gâché ça. » Miles ne comprendrait certainement pas ses dernières paroles, mais pour lui elles avaient une signification. Ace n’était pas un débutant, il savait très bien que rester vulnérable ainsi, en pleine forêt, était un risque. Il s’agissait d’un risque qu’il voulait prendre. « T’es insupportable, bouge-toi maintenant. » Insupportable. Comme un flash, tel un boomerang, un souvenir fait irruption. Une séquence de sa vie passée, une jeune femme prononce ce mot et claque la porte derrière elle. Le son du claquement de porte raisonne comme un écho dans son esprit. La séquence dure seulement quelques secondes. Ace tente de se reprendre, il n’a pas le droit de se laisser submerger par ce qui se passe dans sa tête. Il hors de question que Miles s’aperçoive de quoi que ce soit. Le vagabond se dégage du rôdeur et se relève rapidement. Il attrape son sac, sa lance et ensemble, ils repartent en direction du camp de Fernley.

Après plusieurs minutes d’une marche silencieuse, sans un mot de prononcé, la pluie avait fini par se calmer, laissant place derrière elle à un ciel étoilé. Ace observait les constellations sans savoir que c’est ça faisait partie des choses qui le passionnait autrefois. Sans qu’il ne comprenne comme il le sait, il aperçoit la Grande Ourse. Cette quantité de petites lumières formant ensemble une immense casserole se démarque du paysage interstellaire. Miles lui fait signe que le bâtiment qui leur faisait face est leur destination. Ils sont arrivés à Fernley sans encombre, chargés des armes qui sont nécessaires à leur échange. Les deux étrangers se pointent devant le supermarché qui sert à ses habitants de maison, de protection contre les rôdeurs et les ennemis. Rapidement, les gardiens de l’entrée viennent à leur hauteur. « Qui êtes-vous ? » « On est là pour l’échange » « Quel est le code ? » « Sorbet, citron. » « Avancez ». Cette première approche se déroule très rapidement, ce n’est pas la première fois de Miles. Il a l’habitude de ces petites mission ponctuelles et récurrentes. Elles sont nécessaires pour la survie de leur groupe. Ils entrent à l’intérieur de l’immense supermarché, qui devait être en réalité à la base un centre commercial. « Restez-là, les personnes concernées vont vous ramener la marchandise. » Inspirer, expirer. Les prunelles d’Ace se baladent partout dans l’entrée dans laquelle ils sont postés. Elles s’arrêtent sur une silhouette qui lui semble familière, elles se stoppent nettes. Le cerveau du vagabond envoi comme des flashs, sans images, sans souvenirs, non simplement des flashs qui  l’empêchaient de se tenir correctement. Il passe sa main qui est libre contre son front. Un mirage. C’était forcément un mirage. Elle ne pouvait pas être là, elle ne pouvait pas se tenir si près de lui, après tout ce temps. Tout ce temps passé loin l’un de l’autre, après ces derniers jours qu’il a vécu, tout ce temps passé à l’extérieur des murs de Fallon pour tenter de la retrouver en vie. Au risque de tout foutre en l’air, au risque de se faire expulser. Ace commençait à perdre espoir, il commençait à désespérer à l’idée qu’un jour ils puissent être réellement réunis. Malgré ses pensées qui devenaient négatives, malgré l’immensité de la tâche, le vagabond s’acharnait encore et encore, à la chercher à travers les chemins, à travers les sentiers, à la recherche de cette main qu’elle lui avait tendue autrefois. Pourtant, aussi fou que ça lui l’être, elle pourrait bien à cet instant précis se tenir à quelques mètres de lui. « Ça va mec ? T’es un peu bizarre-là… » Ace ne répond pas, c’est à peine s’il l’entend Miles, son regard est braqué sur cette habitante de Fernley. Il reste planté-là à l'observer pendant plusieurs secondes. Sans bouger d'un iota. Sans un clignement.

Et elle tourne la tête.
Les pupilles d’Ace s’éclairent.
Le bleu de son océan tente de rejoindre ses iris.
Son cœur tambourine à nouveau.
Et il s’avance.

« Aaace revient, tu vas tout compromettre ! » Il avance d’un pas rapide, il éteint son cerveau qui essaye de lui envoyer des informations, qui veut le ralentir, le marteler à coup de flashs. Il résiste à tout ce bordel, toute cette merde qui se bouscule là-haut. Il s’élance et court presque pour la rejoindre. C’est fort, c’est intense. C’est comme si, plus rien n’existait autour de lui, comme s’il était coincé dans un monde parallèle. Inspirer, expirer.



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MessageSujet: Re: somebody to die for. (sam)    Sam 19 Nov - 16:08


- IT'S YOURS.
- NO. IT'S YOURS NOW. THAT WAY, YOU'LL NOT FORGET ME. NEVER.
- NEVER IS AN AWFULLY LONG TIME.
- I HOPE SO.

- . ACE & SAM, FEW MONTH AGO . -


✮✮✮

Le vide, on ne peut pas le décrire. Juste ses effets. Te raccrocher à ta vie d’automate. Impuissance. Envie de passé. Tout recommencer, éviter les erreurs, quelles erreurs ? Voué au vide ? Ecrit. Destin. Et toutes ces conneries. Le moindre geste est pesant. Les yeux rivés au ciel. L’indifférence est tout. Haïr les objets. Se distraire, prendre un bouquin, trancher des rôdeurs, sursis pendant une heure ou deux, puis replonger. Nager à travers les feuilles mortes, t’observes les nuages, dessins vaporeux cachés par leurs visages en décomposition. T’entends plus les grognements, les hurlements, tu te débats pas. Sonnée. La sensation fausse d’être déconnectée. Et tu songes comme c’est mal foutu la mort, le sommeil, tout ça. On devrait pouvoir, comme les machines, appuyer sur un interrupteur pour mourir de temps en temps et pour quelque temps. Plus que dormir, vraiment mourir, déconnecter les rêves, la somnolence, les spasmes, éteindre. S'éteindre tout seul parce que l'on sait que le sommeil ne suffira pas, que l'aube arrivera trop vite. Ton aube arrive avec des heures d’avance, des jours d’avance, des mois d’avance. Ton aube est restée coincée à tous ces jours ratés. T'aurais jamais cru que c’était si compliqué de garder à ses côtés les personnes que l'on aime de toutes ses forces. T’ouvres les yeux chaque matin avec la gueule de bois amoureuse ; le réveil est violent.

A travers les feuilles mortes tu te morfonds dans ta douleur. A l’instant, ils ont peins sur ton visage les couleurs de la vie. Ou celles de la mort. Remaquillée au sang de rôdeurs tu sens le tien s’y mêler lentement, ton bras arrosé par ton hémoglobine tu payes encore une fois ton impulsivité. Tes yeux fixes sont tournés vers l’intérieur, vers la lueur éteinte d’un passé révolu, vers les images dorées d’un bonheur rectifié. Tu ne sais même pas pourquoi tu viens souffrir ici. Ce bordel institutionnel qui met les rêves en pièces. Et alors ? Tout le monde est sujet à prendre des décisions irréfléchies. De mauvaises décisions. Des décisions qu'ils vont regretter sur le moment, la minute, ou le matin qui va suivre. Une chose qui va forcément se retourner contre eux, inconsciemment ils le savent. Tu le sais, mais tu le fais quand même. L'ancienne toi est révolue, fini. Certaines choses t'ont changé à jamais. Il y a ces événements qui prennent le contrôle de votre vie, vous entraînant dans un tourbillon qui refaçonne ce que vous êtes. T'as carrément changé de pensées, d'attitudes. Victime de toi-même. Il y a désormais en toi une douleur désagréable, ancrée. Tu ne sais même plus ce que tu veux. Ce que tu sais juste, c'est que tu es devenue cette fille détestable. Soulevée dans les airs tu quittes le nuage d’automne pour une infirmerie improvisée. T’entends les remontrances, tu ne les écoutes pas. Récit effacé d’un ravitaillement raté, horde. T’as paniqué. Ou au contraire t’as foncé, le bandage de fortune à ton bras comme preuve de ta nonchalance, tu te souviens même pas t’être blessée. Tu l’as pas senti. Tu ressens rien. « Je vais bien je vous dis ! » tu râles et vocifères face à l’infirmière qui t’ausculte trop sérieusement pour que tu la prennes toi au sérieux, t’as rien contre elle pourtant, Maddie tu la trouves charmante. Trop charmante pour son bien. Comme tous les toubibs qu’il reste sur cette foutue planète. Leur tâche n’est pas aisée. Ce sont les grands déménageurs de l'espoir. A eux la lourde tâche de diffuser quelques bribes de lumière aux quatre coins de l'enfer, là où les anges perdus font du stop à main nue. « Tu vois bien que c’est qu’une égratignure bon sang ! d’un geste vif tu t’écartes et te redresses, quittant les lieux au pas de course tandis qu’elle te suit munie de ses compresses, si t’étais pas si agacée par sa vaine considération tu trouverais peut-être du comique à la situation, tu tombes nez à nez sur Mike qui lui t’attendait de pied ferme « C’était quoi ça ? » levant les yeux au ciel tu le contournes à son tour, filant à travers les boutiques pour fuir toute proximité avec tes détraqueurs « M’emmerdes pas Michael, tu voulais tes médocs les voilà. Ou peut-être que t’aurais préféré lécher les bottes de Fallon pour avoir ça aussi. » « Là n’est pas la question ! Tu nous as tous mis en danger, toi y compris. Et regarde le résultat ! » désignant ton avant-bras du menton comme s’il suffisait à lui seul à affirmer ses remontrances à ton égard « C’est qu’une petite coupure ! » il continue son baratin sécuritaire à la con mais t’es déjà loin. Loin dans tes pensées, loin des risques encourus. La vérité, tu la connais la vérité, y’avait mille et une autres façons de récupérer les antibiotiques dont vous aviez besoin, mais tu les as à peine envisagé. Trop désireuse de ressentir, une petite, toute petite sensation. Peur. Soulagement. Satisfaction. Juste un peu de frissons. C’est tout ce qu'il te reste. Parce que qu'est-ce qu'on devient quand on oublie les connexions enfantines, quand on les range dans un coffre du cerveau et qu'on ferme à clef comme un grenier pour jouets cassés ? Puis, qu'est-ce qu'on devient quand on a terminé d'être amants, que ça y est, on est relégué au passé, que c'est sûr, que ça devient une fatalité ? Et encore, qu'est-ce qu'on devient lorsqu'on laisse s'évaporer ses propres rêves, quand on les regarde s'éloigner comme des petits nuages blancs emportés par la brise, ces fameux rêves qui irriguent l'espoir et toute la machine à pétiller de l'esprit ? Qu'est-ce qu'on devient quand tout ça s'assèche petit à petit que même la notion de vie devient étrangère et que même l'idée d'adrénaline fait peur ?... Qu'est-ce qu'on devient quand on ne se jette plus dans le feu de l'action et qu'on se met à tout trouver « sympa » au lieu d'aimer vraiment les choses ? Les gens. Quand tout se transforme en confortable, en familier. Tu veux pas faire de Fernley du familier, tu veux récupérer ta sœur, ta nièce, tes frères, tout ce que t’as perdu. Tu ne veux pas t’installer dans une pseudo routine qui mène au trou. T’as besoin de choc pour te rappeler comment c’est dehors, qu’ici ce n’est que du provisoire. Ça ne durera pas. Tu t’es déjà trop souvent installé dans l’illusion de sécurité, et t’as été torpillée par les déceptions qui ont suivi. Tu peux plus. Tu peux pas te le permettre. Une coupure c’est peu cher payer pour le garder à l’esprit. Le problème c'est que ta tête n'est jamais reposée. Ton cerveau est une maison de campagne pour démons. Ils y viennent souvent et de plus en plus nombreux. Ils se font des apéros à la liqueur de tes angoisses. Ils se servent de ton stress car ils savent que t'en as besoin pour avancer. Tout est question de dosage. Trop de stress et ton corps explose. Pas assez, tu te paralyses.

Et tu te paralyses. L’expression figée dans la surprise de l’instant.
Est-ce que tu es saoule ?
Est-ce tu rêves ?
Est-ce que tu hallucines ?

Les trois questions tourbillonnent et s’entrechoquent dans ta tête martelée par la vision improbable. Impossible. Inespérée. Tu clignes, tes paupières fragiles papillonnent pour tenter de s’envoler, elles n’y croient pas plus que toi. Tes doigts relâchent la bouteille d’eau qu’ils tenaient pourtant si serrés, elle vient s’exploser au sol, le liquide se rependant à tes pieds alors que la voix de Mike résonne derrière toi, fragments de mots intelligibles pour tes oreilles inattentives. Des  « Sam tu m’écoutes ? » et des « où est-ce qu’elle va encore ! ». Tes pieds bougent seuls, portés par le désir de comprendre, de réaliser, ils te portent vers le mirage et se stoppent. Si près du but. Tout près. Parce que tu peux plus avancer, t’as peur de découvrir la véracité de ta vision, persuadée de ne pas supporter de la voir s’évaporer. Il ne peut pas être vrai. Il ne peut pas être réel. Il ne peut pas être là.

Tu t’entends prononcer son prénom, pas même une parole, pas même un murmure, un simple souffle ta voix s’est faite la malle et seules tes lèvres miment les lettres dans un tremblement hésitant. Et puis tu la sens, la perle salée qui se détache du coin de ton œil pour descendre sur ta joue et mourir dans ton cou. Rejointe aussitôt par une seconde, et une troisième, une multitude de gouttelettes d’espoir qui s’échappent en pluie d’appréhension à travers tes cils. Nourries par ce besoin de pleurer. Tu ne sais pas pourquoi. T’en as trop de bonnes raisons. Celle-là fera l'affaire. Tu cherches des yeux un torchon, t'en empares et l'appliques en garrot sur ta blessure. Tu  deviens fontaine, fontaine de larmes, fontaine de sang, fontaine de soupirs. Pourtant de minuscules éclats de rires, des morceaux de sourires se perdent dans les sanglots, presque imperceptibles. Pour tous, sauf pour lui. On les distinguerait à peine, tes pleurs comme tes explosions de joie. Mais tu sais qu’il sait. Qu’il sait que c’est réel, que c’est en train de se passer, que c’est terminé. La lumière dans ta poche s’allume aussi surement que le phare dans ta tête, t’es encore trop loin mais tu peux presque sentir ses mains de géant qui rassurent tes épaules frémissantes, son soulagement qui se mêle au tien, sa voix qui s’ébranle pour les émotions dans tes yeux.

T’as pas le temps. Pas le temps de réduire la distance, pas le temps de le rattraper, pas le temps de réagir que les gardes armés du centre le tiennent déjà en joug. L’échange. T’avais fait abstraction de tout le reste et tes yeux s’éclairent enfin, réalisant, ils prennent conscience des munitions, du gars derrière lui, de la panique qu’il vient de créer en bougeant si précipitamment du poste assigné. Ça fuse dans tous les coins, bruits de voix, méfiance, ordres qui intiment la prudence, tu forces le passage malgré tout. Jouant des coudes pour te frayer une place parmi les gros bras « Il n’est pas dangereux ! » que tu mens pour parvenir jusqu’à lui, il peut l’être.. tu le sais mieux que personne. Pas aujourd’hui. Il n’a rien d’une menace, il n’est que fantôme d’une autre vie. Ils ne bougent pas d’un iota, restent aux aguets refusant de céder du terrain, tu fais fi des recommandations pour parvenir jusqu’à lui. Là où tes mains accrochent ses bras, ses épaules, sa nuque. Elles enserrent et serrent si fort, si fort pour se convaincre. Tu pourrais le briser entre tes phalanges, cherchant à tâter sa consistance, frôlant sa peau, trouvant ses os, tu t’agrippes avec voracité. Tes doigts graciles se referment sur son visage, le forçant à ne plus bouger, tes émeraudes plongées dans ses iris  et ton front appuyé sur le sien « Tu es là… » c’est tout ce que ta bouche s’accordera à laisser échapper, et c’est tout ce qu’il a besoin d’entendre. Il sait ce que cachent les mots, les soupirs, les larmes muettes et les intonations de voix. Ace. Il l’a toujours su.
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